Quand j’étais petite ….

Quand j’étais petite, on voyait souvent des enfants jouer en rue. On prenait nos pieds, nos Skateboard ou nos vélos, et on sillonnait notre ville ou notre village des heures entières, sans que ça n’inquiète nos parents. On avait juste la consigne se montrer de temps en temps, et de ne pas partir trop loin. Mais on partait toujours trop loin.

Je me souviens qu’avec mes frères et soeur , on s’aventurait dans les bosquets, les terrils, les sous-bois derrière chez nous. On construisait des cabanes, on se racontait des histoires, on était des princesses et des chevaliers en haut de notre tour. On rencontrait des copains d’aventures avec qui se bagarrer, et on finissait par aller boire un chocolat chaud chez le voisin. On était libre.

Et puis il y a eu Marc Dutroux , Fourniret, et les autres. Il y a eu l’affaire  »  Julie et Melissa  »  et toute cette horreur pédophile . Le drame  , la honte, et la peur surtout . Alors petit à petit,  les enfants ont désertés les rues, leurs parents leurs ont achetés des consoles pour qu’ils ne soient pas bien loin. Parce que courir les rues était devenu trop dangereux, et qu’il faut se méfier même du voisin. On a commencé à avoir peur des camionnettes blanches . Les vélos sont restés dans les jardins , et les gamins ont fini collés à leur tv, parce que c’est plus sûr, et que là au moins, les parents peuvent les surveiller .

Quand j’étais ado, mes copines et moi n’attendions qu’une chose, le week-end . On était de toutes les fêtes, ou presque. Le samedi soir, on se donnait rendez-vous chez l’une d’entre nous pour se préparer, on discutait de choses aussi futiles qu’essentielles quand on a 16 ans : de nos embrouilles avec nos parents, de nos petits copains, de l’école, de l’amour, de sexe, de notre vie et de ses changements. Et puis l’un des parents nous conduisait à une soirée pas loin, à un concert de la salle du coin, au match de volley de l’équipe où le petit copain d’une d’entre nous jouait ( et parce qu’il avait des copains trop mignons ) ,  où l’on retrouvait d’autres bandes de jeunes. On promettait d’être sage et de ne pas boire . On finissait avec un coup dans l’aile ( à avoir bu 3 Bacardi , LA boisson de notre époque ) et à fricoter ou à refaire le monde avec une bande de garçons, à jalouser une bande de filles,  et on finissait sur un banc dehors à rire de tout et de rien. Et nos parents venaient nous récupérer à l’heure convenue, eux en pyjama et aux yeux à moitié endormis dans la voiture, nous en riant de nos nouvelles péripéties dont nos parents ne soupçonnaient rien . ( Enfin c’est ce que l’on pensait ) .

Plus tard, plus grand, on a préféré fréquenter les ciné, les brasseries, les terrasses ou les restos pour refaire le monde, pour se retrouver le vendredi ou le samedi après une grosse semaine de cours ou de boulot. Pour fêter l’anniversaire de l’un, la promotion de l’autre. On était libre.

Et puis aujourd’hui il y a les terroristes en  noirs, sans Dieu ni loi, il y a des attentats dans les salles de concerts, dans les restaurants, dans les rues, qui sèment l’horreur et la peur . Aujourd’hui, à chaque fois d’un enfant va vouloir aller voir le match de son équipe préférée, qu’un ado va vouloir aller voir son groupe fétiche en concert ou qu’un adulte va vouloir aller se détendre d’une grosse semaine en allant manger un bout au resto avec ses amis , des parents vont avoir peur . Certains parents diront non à leurs ados, se faisant passer pour d’horribles parents. D’autres accepteront, parce qu’il faut vivre malgré tout , mais vont vivre les pires vendredis et samedis soirs de leurs vies, car leurs enfants, petits ou plus grands , ne sont pas sagement dans leurs lits, mais vivent simplement leur jeunesse .D’autres appréhenderont de voir leurs enfants , adultes pourtant, se payer un citytrip dans une grande ville d’Europe, ou partir quelques jours pour le boulot et ne seront soulagés qu’une fois ceux-ci rentrés.

Nos enfants et nos ado n’auront pas vraiment la même enfance que nous .Parce que c’est clair, maintenant nous avons peur , et nos enfants aussi Et même si je ne veux pas vivre en faisant gagner ces chiens noirs sans Dieu ni foi,  nos enfants ne seront pas aussi libres que nous, car ils ont perdu l’insouciance dont on a tellement profité.

Le monde à changé. Et je n’aime pas ce monde .

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8 réflexions sur “Quand j’étais petite ….

  1. Très bon article, je dois avouer que je n’avais pas conscience de ces changements…
    Quant au fait qu’ils aient perdu leur insouciance, que dire de la nôtre…Combien de temps allons-nous penser attentat chaque fois qu’on entendra une sirène ?

    • Bien sûr que si tu en seras capable. Car tu n’as pas le choix de toutes façons 😉 En tant que parents, nous sommes les seuls à pouvoir montrer à nos enfants qu’il faut passer au-dessus de tout ça, ne pas vivre dans la peur, malheureusement accepter ce qui arrive et faire avec, mais savoir tourner la page et faire que la vie continue et qu’on en profite ! Sinon, c’est faire le jeu des extrémistes et leur donner une plus grande victoire que celle qu’ils ont déjà…
      En tous cas, c’est mon point de vue.

  2. Tu as dit a peu près le fond de ma pensée… Je rajouterais juste pour ma part, qu’il va falloir recommencer a vivre… éviter de déprimer et de ressasser… et ça pour moi ça devient très difficile. He dois être proche du burn-out… :/

  3. J’adore ton billet. J’en ai lu et apprécié d’autres mais le tien, il me parle vraiment. Tu as retranscris ce que je ressens mot pour mot et cette insouciance et cette liberté envolée ou en tout cas bien différente de celle qu’on a pu connaître…

  4. Pingback: 2015 se termine, on fait le bilan dans la vie et sur le blog . | Chronique d'une maman débordée

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