Valérie

Je me rappelle très bien de ce 1er septembre 1998, où je me suis retrouvée seule dans cette grande cour entourée de toute cette foule de jeunes si bruyants et si heureux de se retrouver, alors que je ne connaissais personne.

Et puis c’est au moment de l’appel des élèves que je l’ai rencontrée, Valérie. Elle était là, Ce petit bout de fille, belle comme un cœur avec ses grands yeux brun et son sourire jusqu’aux oreilles.

Elle était plutôt sympa, Valérie. Elle était là depuis plusieurs années, elle connaissait donc très bien l’école, les profs, où se mettre pour ne pas se faire trop ennuyer par la bande de dernière année qui passent leur temps à charrier les nouveaux et ceux qui ne rentrent pas dans leur moule.

Surement parce qu’elle ne portait pas les dernières converses à la mode. Ou parce qu’elle riait un peu bêtement. Mais je l’aimais bien moi, Valérie. Et puis c’était presque la seule élève à m’avoir parlé, moi, la nouvelle.

elle avait beaucoup plus de poitrine que les filles de notre année. Elles en étaient jalouses, surtout quand on se déshabillait en cours d’éducation physique. Elles n’étaient pas très sympas les autres filles, et surnommaient Valérie « La débile aux gros nichons ». Mais Valérie continuait à leur sourire.

Les garçons n’étaient pas forcément plus gentils avec elle. Ils se moquaient beaucoup derrière son dos. Mais devant elle, ils faisaient mine de vouloir être amis. Pour que Valérie soit gentille avec eux.

Elle gloussait quand un garçon lui faisait un compliment ou lui faisait les yeux doux. Elle voulait avoir un petit copain, et être amoureuse. Comme toutes les filles de 15 ans de notre classe. Elle avait d’ailleurs déjà eu un petit copain l’année dernière, mais ça ne s’était pas trop bien terminé. Il l’avait emmené aux toilettes soit-disant pour l’embrasser mais dans sa tête il avait d’autres plans pour elle. Elle l’avait suivi parce qu’elle avait confiance, et quand il a commencé elle ne savait pas quoi faire, alors elle a juste pleuré en lui répétant qu’elle ne voulait pas. Heureusement un surveillant était arrivé et a arrêté le drame à temps. Depuis, la sœur de Valérie lui interdisait de voir ce garçon.

Elle était un peu triste parce qu’elle l’aimait bien, mais elle le trouvait trop méchant.

Valérie galérait beaucoup en classe, mais les professeurs ne lui en tenaient pas rigueur, parce que c’était difficile pour elle, et qu’elle était différente. Ils disaient à sa maman qu’ils savaient qu’elle n’avait pas le niveau, mais que tout ce qui était pris était pris , qu’ils essayaient de la maintenant dans une école normale mais qu’elle devrait probablement changer d’école bientôt. Une école qui correspondait plus à ses troubles et ses lacunes.

Je la trouvais bizarre parfois, à ne rien comprendre et à toujours devoir lui répéter les choses 10x, à ne pas comprendre quand les gens se moquaient d’elle et à se laisser autant faire par les garçons. Mais Valérie était comme ça, belle, gentille et naïve comme une enfant de 10 ans.

Parce que Valérie était différente oui. Elle avait 18 ans en 1998 mais dans sa tête pas plus de 14. Sa mère avait bu pendant sa grossesse, et Valérie souffrait d’un retard mental. Sa maman ne buvait pas énormément, mais un peu tous les jours. Elle n’a pas su arrêter de boire pendant la grossesse. Et son bébé, Valérie, a bu avec elle, ce qui a causé des dégâts neurologiques irrémédiables.

À la fin de l’année, mon amie Valérie, la jolie Valérie aux grands yeux bruns et au sourire jusqu’aux oreilles, est partie dans une autre école. Une école plus adaptée à ses lacunes et son retard mental. Je ne l’ai jamais revue. Mais je m’en souviens presque comme si c’était hier.

Aujourd’hui, Valérie a 36 ans. La magie des réseaux sociaux m’a permis il y a quelques mois de voir que Valérie allait bien, des yeux toujours aussi grands et aussi bruns.

Elle est une adulte,mais dans sa tête elle n’aura jamais plus de 14 ans.

L’histoire de Valérie est une histoire que j’ai vécue. Une personne que j’ai connue. Et chaque jour elle me rappelle combien l’alcool est néfaste pour un fœtus et combien il est important de ne pas boire pendant la grossesse.

L’alcool est –il un réel danger pour le bébé ?

On entend beaucoup de choses différentes sur l’alcool pendant la grossesse, . Mais les équipes de Santé publique France est formelle, l’alcool est dangereux pour le fœtus, il peut provoquer des fausses couches ou un accouchement prématuré mais aussi un retard mental, physique et/ ou des troubles du  comportement de l’enfant. Bref, de quoi faire réfléchir…

Que fait l’alcool chez le bébé ?

L’alcool bu par la mère passe toujours dans le sang du bébé par le placenta et donc, il y a autant d’alcool dans le sang du bébé que dans celui de la mère. Hors, le bébé est beaucoup plus petit que nous adulte.

De plus, le bébé reste exposé plus longtemps aux effets toxiques de l’alcool, car son petit foie l’élimine plus lentement.

Y a-t-il une quantité minimum tolérée ?

En fait, on ne sait toujours pas en 2017 quelle est la quantité minimale d’alcool qui est toxique pour le fœtus. Dans ce cas, il est donc plutôt conseillé de ne pas boire du tout d’alcool pendant toute la durée de la grossesse.

Que faire alors ?

Il existe sur le marché une grande quantité de boissons sans alcool très attractives et super bonnes (même du virgin mojito ) qui vous permettra de profiter de la fête comme tout le monde.

Et puis n’hésitez pas à en parler à votre médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme si vous avez des questions à ce sujet, ou encore de manière anonyme en allant sur alcool-info-service.fr ou téléphoner au 0 980 980 930 (7 jours/7, de 8h à 2h, appel anonyme et non surtaxé). Ca vaut le coup de se donner les meilleures chances de mettre au monde un merveilleux bébé en bonne santé !

Publicités

( Les états d’âme de maman débordée ) moi, ma première grossesse et l’alcool .

Il y a un moment que j’avais envie de vous parler de ce sujet. Un sujet sensible et tabou, comme beaucoup de sujets concernant la maternité. Et puis je ne trouvais pas les mots, ou le courage d’en parler.

Et puis un jour, après une discussion intense avec une amie – maman , j’ai eu envie de mettre des mots sur ce sujet sensible qu’est l’alcool pendant la grossesse. Bien entendu, on le sait toutes, l’alcool c’est mal pendant la grossesse. . Parce que même si j’ai beau rigoler sur facebook et sur le blog pour ma passion ( toute mesurée ) pour le mojito, l’alcool pendant la grossesse est un sujet qui me touche particulièrement, et qui me fait me poser beaucoup de questions. De par mon histoire personnelle.

Avant d’être maman, et alors que le désir de me reproduire était à son comble, et bien tu ne le sais peut-être pas mais la procréation à été un peu fastidieuse. Bébé ne voulait pas arriver. Parce que j’étais stérile, partiellement certes, mais voila, la machine ne fonctionnait pas. Les ovaires ne fabriquaient pas d’ovules, l’utérus dysmature, et j’en passe. Bref, le gros bordel .

Après 1 an et demi de tests négatifs, de prises d’hormones un peu partout, de nombreux et longs rendez-vous chez mon gynécologue chéri et de jambes en l’air , papa débordé et moi avions décidé de prendre du recul. Bébé ne voulait pas arriver ? Et bien soit ! nous allons profiter !

C’était fin juin, ça tombait bien . Le soleil, les barbecues, les fêtes entres amis, un voyage en Italie. Et de l’alcool. Pas à outrance, mais un bon verre de vin pour accompagner un bon repas, un apéro, ou une bière fraiche en terrasse. La vie quoi !

3 mois s’écoule. Nous nous mettons en tête , petit à petit, que nous ne serons probablement jamais parents «  biologiquement »  mais je reprends quand même rendez-vous avec mon gyné. Pour voir l’état désastreux de mon utérus et son inutilité. Parallèlement, nous nous renseignons sur les démarches à mettre en place pour une éventuelle adoption.

Le jour du Rendez-vous chez le gynécologue, et après une discussion sur nos nouvelles attentes, envies et angoisses, je m’installe à contrecœur sur sa table d’examens.

Et là, la vie . En moi, un petit cœur qui bat. Un petit truc gigotant de 10 semaines. La vie. Il a fallu que l’on ne veuille plus de lui pour qu’il s’invite. Déjà un sale gosse, pour sûr ! Les larmes, la joie. Le bonheur, l’incroyable, l’inattendu, le miracle . La vie. En moi.

Et puis les questions : et mes apéros, mes verres de vins qui accompagnent les bons repas et mes bières fraiches en terrasse ? «  Oh tu sais ce ne sont pas 2-3 verres qui vont faire du mal à un bébé ». voila ce que l’on m’a répondu.

La grossesse se déroule bien, et je donne naissance 6 mois plus tard à un beau petit garçon. 51cm, 3kg750. Rond, tout chaud, magnifique. Oubliée la stérilité, je mets 2 autres enfants au monde, très facilement.

Ce premier enfant à bien grandit . Il est beau, grand, intelligent. Il est TDAH aussi. Entendez par là qu’il a des troubles de l’attention et de l’hyperactivité .  Après le diagnostic il y a quelques mois , et la prise en charge, des questions me taraudent : d’où viennent ces troubles ? De la fatalité ? Ou de mes apéros en terrasse quand j’étais certaine d’être stérile alors qu’il était là en secret ?

Cette question, je me la poserai toute ma vie. Et même si les spécialistes me disent qu’on ne sait pas d’où viennent ces troubles et que ce n’est de la faute de personne, cette question restera une des questions que je me poserais toute ma vie . Et si l’alcool y était pour quelque chose ?

Pour les grossesses de mes filles, ayant très vite conscience de mes grossesses, je n’ai ingéré aucunes boissons alcoolisées. Monstrinette à presque 5 ans, et même si elle est extrêmement dynamique, elle n’est apparemment pas hyperactive, et n’a aucuns soucis de concentration.

 

L’alcool pendant la grossesse , vraiment un danger pour le bébé ?

 

Parce qu’en vrai, on se pose toutes la question , et on entend un tas de choses différentes et contradictoires à ce sujet. Mais selon la santé publique France , L’alcool est dangereux pour le fœtus, il peut provoquer

* Fausse couche ou accouchement prématuré ;

* Retard mental ou physique, troubles du  comportement de l’enfant

L’alcool passe-t-il dans le sang du bébé ?

Parce l’alcool bu par la mère passe dans le sang du bébé par le placenta et que donc, rapidement il y a autant d’alcool dans le sang du bébé que dans celui de la mère. ( alors qu’il est beaucoup plus petit )

De plus, le bébé reste exposé plus longtemps aux effets toxiques de l’alcool, car son petit foie l’élimine plus lentement.

1

 

 

Mais Existe-t-il une quantité d’alcool sans risque pour le fœtus ?

En vrai, on ne sait pas vraiment aujourd’hui quelle est la quantité minimale d’alcool qui est toxique pour l’enfant à naître. Il est donc recommandé de ne pas boire du tout d’alcool pendant  votre grossesse.

 Certains alcools sont-ils moins dangereux que d’autres ?

Hélas non ( imagine, on te dirait que le mojito est INOFFENSIF , ce serait le bonheur haha ) Il n’y a pas d’alcool moins dangereux qu’un autre. Même une petite coupe le 31 décembre . je sais c’est rude, mais être mère c’est faire un tas de sacrifice , et ce dés le début .

Il existe par contre de plus en plus de boissons sans alcool et franchement « sympas » pour ne pas se sentir exclues. Personnellement pour les grossesse des filles, j’étais fan du Pisang sans alcool et des cidres 0% . Tout aussi fun !

 

Et puis n’hésitez pas à en parler à votre médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme si vous avez des questions à ce sujet . Mais ça vaut le coup de se donner les meilleures chances de mettre au monde un merveilleux bébé en bonne santé !

4

 

 

Article écrit en collaboration avec la santé publique France